Gabriel Arsenault



Lorsque son père Albert a perdu une jambe dans un accident industriel il y a quelques années, Gabriel Arsenault n'avait aucune idée qu'il aurait un jour l'occasion de lui confectionner une nouvelle jambe artificielle, ni qu'il ferait un jour carrière dans le domaine des prothèses et des orthèses. Mais voilà ce que le destin lui a réservé.


Au printemps 2005, Gabriel a reçu son diplôme en kinésiologie de l'Université de Moncton, mais il était incertain de ce qu'il voulait faire ensuite. Il considérait poursuivre ses études, éventuellement en physiothérapie. Mais il s'est alors mis à penser qu'il devrait explorer le domaine des prothèses et des orthèses, puisque ce domaine le touche personnellement.


Gabriel a rencontré les responsables et les techniciens du département des prothèses et des orthèses de l'Hôpital Queen Elizabeth à Charlottetown. On lui a alors accordé la permission d'y faire son stage.


Gabriel n'en revient pas du nombre d'éléments qu'il a appris au cours de son stage d'été. « Les personnes qui travaillaient avec moi étaient très bonnes pour m'enseigner de nouvelles choses. Chaque jour, j'apprenais quelque chose de nouveau, » affirme-t-il.


Il a eu l'occasion de modifier des chaussures pour les gens atteints du diabète, puis de travailler sur des prothèses et d'autres appareils orthopédiques. Il a également pu rencontrer quelques patients.


Avec beaucoup d'enthousiasme, Gabriel raconte qu'il a pu être témoin du progrès d'une des patientes. Il avait travaillé sur la jambe artificielle d'une femme de plus de 70 ans qui avait perdu sa jambe. « Au début, elle ne pouvait pas marcher du tout avec sa nouvelle jambe, mais en seulement trois semaines, elle a pu se rendre d'un bout à l'autre du département à l'aide d'un cadre de marche (walker) »


Les mots et la voix lui manquent lorsqu'il tente de parler du travail qu'il a pu faire pour aider son père. « C'est une expérience que je ne peux expliquer, soit de voir mon père marcher à l'aide d'une jambe artificielle que moi-même j'ai faite. C'était vraiment incroyable. »


Gabriel signale qu'il a pu rencontrer plusieurs personnes qui oeuvrent dans son domaine au cours de son stage. « J'ai même eu la chance de parler avec le ministre de la Santé de la province pour me faire connaître et lui signifier mon intérêt à travailler dans ce domaine dans l'Île. »


Il considère que le programme PERCÉ IPE lui a été bien profitable, car celui-ci l'a exposé davantage au domaine de sa future carrière. « Ça m'a ouvert beaucoup de portes et ça a rendu mes études plus faciles et plus profitables. Le travail que j'ai fait cet été-là a vraiment renforcé le fait que je veux travailler dans ce domaine. »


D'ailleurs, ce sont les employés de l'hôpital qui lui ont dit que George Brown College à Toronto offrait un programme dans son domaine. Il a alors soumis une demande et fut accepté au programme technique du collège. Il est présentement en train de terminer sa dernière année du  « Orthotic and Prosthetic Clinical Program ». Il lui restera ensuite deux ans d'internat à compléter. L'expérience qu'il a pu acquérir au cours de son été avec PERCÉ IPE l'aide présentement dans ses études.


« S'il y avait des occasions de travail dans l'Île après mes études, je voudrais certainement y revenir. J'aimerais peut-être voyager un peu avant, ou aller travailler dans d'autres provinces ou d'autres pays, mais je veux certainement revenir à l'Île, » signale-t-il.


On lui a fait savoir que d'ici cinq ou sept ans, le département de prothèses et d'orthèses cherchera à embaucher quelqu'un pour remplacer les employés qui prendront leur retraite.